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Retour sur la séance d’information du comité interministériel sur l’érosion des berges aux Îles

Publié par Antonin Valiquette

Iles de la Madeleine

Plus de 300 personnes assistaient mardi à la séance d’information du Comité interministériel sur l’érosion côtière aux Îles, créé en janvier 2019, pour en apprendre d’avantage sur les actions prises en matière de protection des berges.

Le ministère des Transports a lancé le bal avec l’annonce d’un projet majeur de recharge de plage, qui consiste à pomper 200 mille tonnes de sable de dragage à partir du chenal de Grande-Entrée, pour le faire transiter par un bateau spécialement conçu pour ce type d’opérations, stationné à 2 km au large de la Dune-du-Sud, pour le rediriger vers la zone de recharge à Pointe-aux-Loups afin d’y protéger la route 199.

Même si cette méthode a fait ses preuves aux États-Unis et ailleurs au Canada, le directeur régional du MTQ, Yves Berger, explique qu’il s’agirait d’une première au Québec, qui pourrait inspirer d’autres projets  futurs :

Yves Berger directeur régional MTQ

On prévoit étendre la plage, près des chalets entre Havre aux-Maisons et Pointe-aux-Loups, de 40 mètres à partir de 2021, une fois qu’on aura obtenu les autorisations environnementales, provinciales et fédérales, pour s’assurer de ne pas nuire à l’habitat du poisson ou à la pêche au homard :

De son côté, la porte-parole d’Hydro-Québec, Catherine Bujold, annonce qu’on remplacera d’ici 2025 la ligne de transport haute tension menacée par l’érosion entre Cap-aux-Meules et Grosse-Île, en y intégrant, comme sur le reste de son réseau aux Îles, des matériaux plus résistants à l’air salin et des poteaux plus gros avec une distance réduite entre chacun d’eux:

Mme Bujold a profité de la rencontre publique pour justifier le maintien des lignes de distribution aériennes dans l’archipel, plutôt que des lignes enfouies qui coûteraient entre quatre et dix fois plus cher, bien qu’elle n’écarte pas la possibilité qu’une partie de la ligne 69 KV, à reconstruire, ne soit enfouie par endroits :

À la Sécurité publique, la directrice régionale, Janique Lebrun, confirme que le protocole d’entente autorisé, d’une valeur de huit millions de dollars, afin de protéger le littoral de Cap-aux-Meules et qui reste à être signé avec la municipalité, ne mènera pas à une recharge de plage.

Elle précise que c’est la même firme d’ingénierie qui a conçu le projet de recharge de la Grave, Consultants Ropars inc, qui élabore actuellement  un scénario à présenter à la population :

D’autre part, Susan Drejza, du Laboratoire de dynamique et de gestion intégrée des zones côtières à l’Université du Québec à Rimouski, souligne que même si la moyenne annuelle du recul des berges est passée progressivement de 25 à 46 cm entre 1963 et 2020, et qu’on anticipe un recul moyen de 66 cm par an d’ici 2060, causé par la fréquence soutenue des tempêtes et par l’absence de glaces dans le golfe, les Îles ne sont pas sur le point de disparaître :

La professionnelle de recherche Susan Drejza de l’UQAR

Elle ajoute que ce sont principalement les dunes du côté nord-ouest de l’archipel qui sont les plus malmenées par l’érosion, et que des projets de restaurations ou de recharges peuvent effectivement retarder le phénomène :

Le Centre de recherche en milieu insulaire et maritime, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, celui de l’Environnement, la Santé publique, la Communauté maritime et Attention FragÎles tenaient aussi kiosque à la rencontre.

Les présentations étaient données par Serge Bourgeois de la Communauté maritime, Laurence Laperrière du MELCC, Catherine Bujold d’Hydro-Québec, Marc Desrosiers et Janique Lebrun de la Sécurité publique et Jonathan Côté du ministère des Transports

kiosque Attention FragÎles

Kiosque CERMIM

Kiosque Communauté maritime

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