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Transition énergétique: L’heure des choix pour les Madelinots

Publié par Antonin Valiquette

Îles de la Madeleine

Les Madelinots recevront par la poste une invitation à la consultation d’Hydro-Québec sur la transition énergétique de l’archipel qui se fera par téléphone ou par le biais d’une plateforme numérique interactive.

Raccordement par câble sous-marin

La Société d’État dit toujours privilégier le raccordement des Îles à son réseau intégré du continent au moyen d’un câble sous-marin, mais tient à obtenir le pouls de la population puisque l’acceptabilité sociale de la solution retenue fait partie des quatre critères de base qui guideront son choix.

Les résultats préliminaires de l’étude d’avant-projet du raccordement annoncé en 2018 ayant démontré des coûts plus importants qu’initialement prévus, Hydro-Québec a procédé à une analyse d’options alternatives susceptibles de diminuer l’empreinte écologique liée à la production d’énergie aux Îles.

La porte-parole Geneviève Cloutier souligne tout d’abord qu’Hydro Québec étudie la faisabilité de raccorder l’archipel à l’une des provinces maritimes par câble sous-marin, plutôt qu’avec la Gaspésie, afin de diminuer les coûts :

De nouvelles éoliennes

Une autre option propose d’implanter jusqu’à huit nouvelles éoliennes aux Îles, plus hautes que les deux qui sont actuellement en assemblage.

Pour y arriver, Hydro-Québec a ciblé deux sites potentiellement conformes; le premier du côté de Bassin sur l’Île du Havre-Aubert, et le second à proximité du parc éolien de la Dune-du Nord, malgré la présence d’un habitat floristique protégé.

Emplacements potentiels ciblés par Hydro-Québec pour de nouvelles éoliennes

Si cette option était retenue, les nouvelles éoliennes produiraient 40 mégawatts par année, soit l’équivalent de 50% de l’énergie actuellement produite par la Centrale thermique de Cap-aux-Meules, qui s’ajouteraient aux 15% qui seront déjà économisés grâce aux deux éoliennes de la Dune-du-Nord et à des batteries de stockage.

Simulation visuelle d’éoliennes supplémentaires à Bassin

La Centrale thermique serait cependant maintenue pour maintenir une garantie d’approvisionnement pour l’ensemble des foyers madelinots :

Panneaux solaires

L’idée des panneaux solaires est également sur la table.

Toutefois, un parc centralisé devrait couvrir une superficie équivalente à 35 terrains de football selon Hydro-Québec pour assurer un rendement équivalent à 5% de la capacité de production actuelle de la centrale, étant donné la variation des périodes d’ensoleillement dans l’année et ce, même en y intégrant une technologie de stockage :

Emplacements ciblés par Hydro-Québec pour l’implantation de parcs solaires centralisés

Mme Cloutier ajoute que suite à la consultation municipale, en septembre, sur la Stratégie énergétique de la Communauté maritime, l’idée d’implanter des panneaux solaires résidentiels est considérée et qu’Hydro-Québec étudie la meilleure façon de soutenir cette pratique.

Il s’agirait toujours d’une mesure d’approvisionnement d’appoint plutôt qu’un moyen de conversion de la centrale thermique :

Combustion de la biomasse forestière

Les citoyens pourront aussi se prononcer sur la combustion de biomasse forestière à partir de granules de bois, qui ferait chuter les émanations de gaz à effet de serre aux Îles de 85%.

Il faut toutefois considérer les difficultés d’approvisionnement étant donné que le volume de combustible surpasserait largement les 40 millions de litres de mazout par année qui alimentent actuellement la centrale, sans compter la logistique liée à la disposition des cendres résiduelles.

Source: Hydro-Québec

Pour cette option, il faudrait nécessairement construire une toute nouvelle centrale qui fonctionnerait essentiellement à la vapeur :

Conversion de la centrale au gaz naturel

Vient ensuite la conversion des moteurs de la centrale au gaz naturel liquéfié qui s’approvisionneraient au moyen de conteneurs cryogéniques livrés par bateau puis par camion remorque jusqu’aux réservoirs de la centrale.

Les gains environnementaux représentent alors une diminution de 35% des GES, sans toutefois calculer les émanations liées au transport par bateau, qui seront considérées dans une phase ultérieure de l’analyse d’Hydro-Québec.

Cette option exige une adaptation importante des infrastructures actuelles :

Combustibles carboneutres

Finalement, la Société d’État propose la filière des combustibles carboneutres, qui fait référence à des émanations de GES égales ou inférieures à la combustion naturelle ou alternative de matières comme les déchets compostables ou comme le méthane.

L’approvisionnement à partir d’une combustion d’hydrogène entre aussi dans cette catégorie.

Geneviève Cloutier explique que ces formes d’approvisionnement sont encore émergentes et ne seront pas exploitables pour assurer l’approvisionnement énergétique des Madelinots avant plusieurs années.

La porte-parole d’Hydro-Québec, Geneviève Cloutier

L’idée est toutefois retenue puisque le plan de transition de la Société d’État s’étire sur un horizon de 40 ans, et qu’en attendant le développement de la filière carboneutre, d’autres options pourraient être mises de l’avant dans l’idée de constituer un bouquet énergétique pour les Îles qui, à terme, pourrait complètement éradiquer les émanations de GES liées à la production d’énergie de l’archipel:

Prochaines étapes

Les résultats de la consultation devraient être connus en décembre.

On présentera ensuite l’estimation du coût du projet de raccordement, au moment du dépôt de la proposition d’Hydro-Québec auprès de la Régie de l’Énergie, pour approbation, qui est prévu pour mai 2021.

La société d’État prendra sa décision en vertu de la fiabilité des technologies qui assureront l’approvisionnement en énergie, de la réduction des coûts de production, des gains environnementaux liés à la diminution de GES et de l’appui de la population à la solution retenue.

À partir de jeudi, les citoyens auront jusqu’au 20 novembre pour consulter les outils d’information en ligne à l’adresse www.conversation.hydroquebec.com/projet-idlm en plus de pouvoir y poser leurs questions et d’y émettre leurs commentaires.

D’autre part, une firme indépendante rejoindra par téléphone 750 madelinots afin de leur demander de répondre à un questionnaire.

La centrale thermique de Cap-aux-Meules produit plus de 125 mille tonnes de GES par année.


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