Les tourbières des Îles racontent les tempêtes
Les tourbières des Îles dévoilent leurs secrets concernant la chronologie de l’activité cyclonique dans l’Atlantique.
L’étudiant au doctorant à l’Université Concordia Antoine Lachance se demandait: les variations dans les tempêtes, est-ce que c’est nouveau dans la région?
Pour répondre à sa question, il s’est tourné vers deux tourbières ombrotrophes de l’Île-du-Havre-Aubert, c’est-à-dire qui sont fermées, uniquement nourries par la pluie.

Antoine Lachance avec l’équipe chargée des prélèvements (photo: Antoine Lachance)
Il explique comment ces milieux deviennent des registres naturels des événements climatiques du passé.
En 2020, Antoine Lachance est venu échantillonner ces tourbières. Il a prélevé des carottes, donc des grands tubes remplis de sédiments, qu’il a rapportés en laboratoire.

Une carotte de sédiments (photo: Antoine Lachance)
La première étape, c’est de dater les échantillons en fonction de leur profondeur de provenance, c’est-à-dire de déterminer à quelle époque remonte les couches de sédiments. Ensuite, il est passé aux analyses plus poussées.
La recherche a permis d’identifier trois grandes périodes de tempêtes particulièrement violentes. Ces pics d’activités sont scindés des années 800 à 550 avant l’ère commune (la nouvelle expression pour dire « avant Jésus-Christ »); des années 500 à 750; et de 1300 à 1700, un période connue sous le nom « Petit Âge glaciaire ».

L’étude avance aussi que les cycles de tempêtes en Atlantique sont fortement influencés par les conditions climatiques régionales.
Antoine Lachance affirme que l’archipel vivra d’autres événements météorologiques comme l’ouragan Dorian et la tempête Fiona dans le futur. Ces tempêtes pourraient frapper encore plus fort en raison de l’impact des changements climatiques, ajoute-t-il.

La tempête post-tropicale Fiona, en 2022, a laissé d’importants dégâts derrière elle (photo d’archives: CFIM)
L’étude a été menée en collaboration avec Jeannine-Marie St-Jacques de l’Université Concordia, Matthew Peros de l’Université Bioshop’s, Pierre Francus de l’Institut national de la recherche scientifique et Nicole Sanderson de l’UQAM.
Pour réécouter l’entrevue diffusée à l’émission Cap info:
Mise en ligne après diffusion.

