Mérule pleureuse: une Madelinienne doit faire le deuil de sa maison
Depuis la fin d’un programme de subvention provincial, plusieurs propriétaires aux prises avec la mérule pleureuse font les manchettes. Sans aide financière pour décontaminer ou démolir leur maison infectée par ce champignon, ils doivent assumer d’importants coûts pour se débarrasser de ce qu’on surnomme «le cancer du bâtiment».
C’est le cas de Cindy Poirier, qui se sent à court d’option. La mérule pleureuse a envahi sa maison et en a fragilisé la structure, la rendant inhabitable.
C’est en juillet dernier qu’elle a été avertie de la présence du champignon chez elle, au moment où elle cherchait à faire des rénovations.

Le champignon a fini par traverser le plancher (photo: Cindy Poirier)
Une infiltration d’eau via le toit a empiré la situation, et c’est à ce moment-là que Cindy Poirier a réalisé qu’il était trop tard.
La mérule pleureuse est une petite cachottière qui aime les endroits sombres et humides, explique la directrice générale de Mérule Québec, Marie-Hélène Cauchon.

Le champignon s’attaque au bois et le rend friable (photo: Cindy Poirier)
En plus d’être coriace, le champignon prolifère rapidement et dévore le bois, d’où son surnom de «cancer du bâtiment».
La mérule pleureuse est aussi difficile à identifier à l’œil nu et peut être confondue avec d’autres moisissures, signale Marie-Hélène Cauchon.
Cindy Poirier, elle, croyait que les signes de détérioration à l’intérieur de sa maison étaient causés par une infiltration d’eau. La résidence, achetée en 2021, n’avait pas été inspectée. Elle dit ne pas avoir été informée qu’une inspection faite en 2015 avait découvert que le champignon avait fait son nid dans le bâtiment.

Cindy Poirier a aussi commencé à développer des problèmes respiratoires l’été dernier. Elle croit que c’est lié à la présence de champignons dans le bâtiment, mais pas nécessairement la mérule (photo: CFIM)
Aujourd’hui, la seule option, c’est la démolition, probablement par le feu.
Tous les frais pour la décontamination ou la démolition doivent être assumés par les propriétaires depuis que la Société d’habitation du Québec a suspendu son programme de subvention en mars dernier, se désole Marie-Hélène Cauchon.
C’est un lourd fardeau à porter, et pas que sur le plan financier, témoigne Cindy Poirier.
Si vous soupçonnez une contamination, n’attendez pas avant d’agir, insiste Marie-Hélène Cauchon. Il est tout à fait possible de sauver une résidence et de traiter le problème, rappelle-t-elle.
Cindy Poirier espère quant à elle faire tomber le tabou.
Pour le moment, il s’agit du seul cas de mérule pleureuse recensé sur l’archipel. La carte ci-bas collige tous les cas rapportés à Mérule Québec. Aucune région ne semble épargnée.
Pour réécouter les entrevues à ce sujet, diffusées à l’émission Cap info:








