Peut-on compenser la perte des milieux humides?
Près de 10 ans après l’adoption de la loi censée freiner la disparition des milieux humides au Québec, le bilan est très décevant.
Depuis 2017, le ministère de l’Environnement a accordé 40 autorisations d’empiètement sur les milieux humides et hydriques de l’archipel.
Cela touche une superficie totale de 1,4 kilomètre carrés, dont près du tiers a été atteint de façon permanente.
Comment assurer la réhabilitation de ces écosystèmes essentiels à la biodiversité?
Un reportage de Florence Champagne-Hamel
Si la destruction des milieux humides et hydriques est bien documentée, la compensation, elle, reste floue.
Aux Îles-de-la-Madeleine, où les mécanismes naturels sont uniques, est-il réellement possible de compenser ce qui est perdu?
Réfléchir à l’impact environnemental des projets de protection côtières fait partie du quotidien de l’ingénieur et chargé de projet pour le Ministère du Transport et de la Mobilité Durable, Étienne Piché.
Pour lui et son équipe, la priorité est toujours d’éviter les milieux humides à même la conception:
Ce n’est pas toujours facile à faire, surtout en prenant compte que la route 199 traverse des milieux hydriques comme des lagunes.

Étienne Piché (Transports Québec)
Selon M.Piché, un bon encadrement des travaux permet de limiter les dégâts:
Transport Québec collabore activement avec plusieurs acteurs dont le Comité ZIP des Îles pour adapter les travaux aux milieux touchés et réfléchir à des projets de compensation.
La transplantation de la zostère marine en est un bon exemple.
Or, malgré ces initiatives, la biologiste du Comité ZIP, Catherine Dally Bélanger, raconte qu’il est encore très difficile de trouver des méthodes pour compenser la destruction des milieux humides comme les marais, les étangs et les lacs de l’archipel:
Pour l’ingénieur et la biologiste, la compréhension des mécanismes naturels de l’archipel est l’élément clé pour assurer la protection du littoral.

Catherine Dally-Bélanger (photo: CFIM)
Comme quoi, il n’y aurait pas de meilleur professeur pour lutter contre l’érosion que la nature elle-même.

