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Le hareng de printemps continue de frayer aux Îles

(Photo: RPPCÎ)

Îles de la Madeleine

Autrefois ressource primordiale pour les Madelinots, le hareng de printemps se fait aujourd’hui bien rare.

Le gouvernement fédéral a mis à profit les yeux et les connaissances des pêcheurs pour documenter la présence ainsi que la fraie du poisson autour des Îles.

Voilà comment Benjamin Grégoire, biologiste en sciences aquatiques chez Pêches et Océans Canada, résume l’idée derrière les différentes collaborations avec le milieu dans les deux dernières années.

 

Les résultats de ces partenariats sont détaillés dans un article scientifique sorti en décembre dernier, qui confirme que le hareng de printemps s’arrête encore aux Îles pour se reproduire, même si son abondance reste faible.

D’abord, afin d’avoir un portrait de la situation, le ministère a interviewé 28 pêcheurs expérimentés, via le Comité ZIP des Îles.

En parallèle, le MPO a confié le mandat à l’organisme environnemental de lancer un programme de surveillance communautaire. L’objectif était de demander aux citoyens de signaler la présence d’œufs ou de laitance, explique la chargée de projets Catherine Dally-Bélanger.

En 2024 et 2025, l’initiative a permis de faire le suivi des activités et des sites de reproduction, mais aussi de découvrir une frayère du côté de Havre-Aubert, entre le quai des pêcheurs et l’Étang du Sable.

Le phénomène n’est pas nouveau, nuance Benjamin Grégoire.

Pour ce qui est de la lagune de Grande-Entrée, les observations terrain confirment les dires des pêcheurs. Le hareng de printemps ne fréquente plus vraiment le plan d’eau, historiquement le plus important site de fraie de l’archipel.

Le Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles y a mené une pêche scientifique en 2024 et 2025.

Chaque pêcheur utilisait cinq filets maillants pour capturer le hareng. Dans la lagune de la Grande-Entrée, le capitaine a aussi pu tester un filet expérimental (photo: RPPCÎ)

En comparant les captures avec celles faites autour de Gros-Cap, le constat est clair, selon le coordonnateur des projets scientifiques de l’association, Jean-François Laplante.

 

Les poissons se trouvent plus à l’embouchure de la lagune, ajoute-t-il.

Bref, le hareng de printemps du sud du golfe vient faire son tour aux Îles pour la saison des amours, habituellement dans les deux dernières semaines d’avril.

Les herbiers de zostère sont très utiles aux harengs de printemps, à la fois pour y déposer leurs oeufs et comme frayères (photo: Benjamin Grégoire, MPO)

La démarche a aussi permis de déterminer quel environnement est le plus propice pour la fraie, indique le biologiste Benjamin Grégoire.

Il souligne que la majorité des pêcheurs madelinots rencontrés souhaite que les lagunes demeurent fermées à la pêche, afin de laisser les poissons faire leurs petites affaires en paix.

La pêche commerciale, elle, est frappée d’un moratoire depuis 2022.


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