Un panier d’épicerie toujours plus cher aux Îles
Le coût du panier d’épicerie de base aux Îles coûte 18,3% plus cher qu’à Montréal et ne cesse d’augmenter.
C’est ce que révèle une étude réalisée en 2022 et 2023 par le Centre de nutrition sociale périnatale Alima et l’équipe de Développement social des Îles qui fait le portrait du Panier à provisions nutritif et économique. (PPNE)
Ce même écart de prix avec la métropole avait déjà été observé en 2016 lorsqu’une première étude du genre avait été réalisée.
Le directeur adjoint du secteur du développement social au Carrefour jeunesse Emploi, André St-Onge explique les principaux constats:
Par exemple, la guerre en Ukraine déclenchée en février 2022 a eu des retombées très importantes sur le prix des céréales, indique-t-il.

André St-Onge et Maxime Déraspe de l’équipe de Développement sociale des Îles (Photo: CFIM)
Les produits céréaliers se retrouvant sur les tablettes de l’archipel étaient nettement plus élevés qu’à Montréal, avec un écart de 42%.
Pour obtenir ces données, cinq relevés de prix d’aliments ont été effectués dans les trois Coop IGA, le J.H. Boudreau et le marché Bonichoix de juin 2022 à juillet 2023, pour ensuite être comparés à des épiceries situées dans le quartier Lachine à Montréal.

(Graphique: Développement social des Îles et Alima)
Selon les projections du rapport, une famille de deux adultes et de deux enfants aux Îles doit débourser au minimum 18 000$ par année pour couvrir ses besoins alimentaires en 2025.
D’après M. St-Onge, cette facture est beaucoup trop élevée, surtout qu’elle n’inclut pas les produits transformés ou le prêt-à-manger:
Pour lui, la solution est d’augmenter les revenus des familles plus démunies et d’avoir une meilleure réglementation des prix.
Le PPNE prend aussi en compte les apports nutritionnels pour les différents groupes de la population indique Julie Delorme, co-autrice du PPNE.
Par exemple, les personnes âgées seules, les ménages monoparentaux ou les femmes enceintes ne vivent pas les mêmes défis d’accès à une alimentation saine explique-t-elle.

Julie Delorme (Photo: courtoisie)
Selon la nutritionniste pour la Santé publique, Eloïse Bourdon, malgré tous les défis, il n’y a rien de mieux que de cuisiner pour réduire la facture et se nourrir de façon équilibrée.

Eloise Bourdon (Photo: Courtoisie)
D’autre part, l’industrie des produits alimentaires transformés doit aussi s’adapter pour offrir des produits de meilleure qualité selon elle.
Bien que le portrait du panier alimentaire de base a été réalisé il y a bientôt trois ans, les auteurs de l’étude soutiennent que les données sont encore d’actualité.
L’équipe de Développement social des Îles prévoit mettre sur pied une troisième étude du genre ce printemps.

