Navire de relève: front commun d’intervenants socioéconomiques
Le dossier entourant la recherche d’un navire de relève continue de faire des vagues.
Pour rappel, la CTMA souhaite acquérir un bateau cargo hybride qui servirait de traversier de rechange et qui remplacerait le Voyageur 2 pour le transport de marchandises entre Montréal et les Îles. Cette proposition a été rejetée par la Société des traversiers du Québec, une décision dénoncée par des partenaires du milieu.
Mercredi matin, la CTMA, la Communauté maritime, la Chambre de commerce des Îles et Tourisme Iles de la Madeleine ont tenu un point de presse conjoint pour signifier leur mécontentement vis-à-vis la Société des traversiers du Québec.

Les représentants des secteurs économique, politique, touristique et maritime (photo: CFIM)
Les brèves explications de la STQ, c’est-à-dire qu’Ottawa devrait augmenter sa contribution au projet pour que celui-ci soit de nouveau analysé, ne convainquent pas les partenaires socioéconomiques.
Le maire Antonin Valiquette s’est récemment entretenu avec la présidente-directrice générale de la STQ, Greta Bédard, à ce sujet. Il évoque les “mécompréhensions” de la société d’État sur plusieurs points, notamment sur les estimations budgétaires du projet.
Selon lui, la STQ remet notamment en question l’ampleur des frais additionnels, chiffrée à moins d’un million de dollars annuellement, si un nouveau navire était intégré au contrat pour la desserte cargo.
C’est aussi au cours de cette rencontre que la Société des traversiers aurait fait planer l’idée d’aller en appel d’offres au moment de renouveler le contrat de transport de marchandises, qui vient à échéance en mars 2028.
Cette nouvelle surprend le directeur général de la CTMA, Emmanuel Aucoin, dont la dernière discussion avec la STQ remonte à janvier.
Alors que les contrats ont toujours été signés de gré à gré depuis 1954, il questionne l’intérêt de procéder de cette façon.
Le directeur de la Chambre de commerce des Îles, Martin Paquette, abonde.
Pour le directeur de Tourisme Iles de la Madeleine, Michel Bonato, la STQ doit reconsidérer sa décision.
L’Association touristique régionale voit dans le projet un potentiel pour raviver les voyages maritimes passagers entre Montréal et l’archipel, dans une formule semblable à ce qui était offert sur le Voyageur 1.
Bref, les quatre intervenants appellent la STQ à changer son fusil d’épaule et les partis politiques à se prononcer sur le sujet.

Des porte-paroles d’autres organisations du milieu ont assisté au point de presse (photo: CFIM)
Au moment de publier ce reportage, la STQ n’avait pas répondu à la demande d’entrevue de CFIM.
Les partis politiques interpellés
Lors de sa première sortie publique dans le dossier du navire de relève, la CTMA a partagé aux médias une lettre adressée aux chefs des partis politiques, leur demandant de prendre position.
Jusqu’à présent, seule la première ministre sortante, Christine Fréchette, a répondu. Le transporteur madelinot dit avoir reçu un appui de la cheffe caquiste sur la question du contrat gré à gré et la modification à l’entente pour intégrer un nouveau navire. Cette posture tranche avec les propos tenus auparavant par le ministre responsable de la Stratégie maritime, Bernard Drainville, qui a jeté le dossier dans la cour d’Ottawa
Aux Îles, le candidat libéral Gil Thériault a aussi réaffirmé son soutien aux partenaires dans un communiqué transmis mercredi matin. Appelé à commenter lors d’une conférence de presse, le député sortant péquiste Joël Arseneau a déclaré souhaiter que la STQ et la CTMA parviennent à un terrain d’entente dans les prochaines semaines.
Pour en savoir davantage:
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