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Dossier du port de Cap-aux-Meules: la colère des Madelinots ne faiblit pas

Publié par Antonin Valiquette

Îles de la Madeleine

Les utilisateurs du port et la Communauté maritime des Îles, membres du comité de suivi du Plan directeur du port de Cap-aux-Meules, continuent de blâmer Transports Canada pour son manque de transparence et pour le manquement à ses devoirs d’entretien des infrastructures portuaires essentielles.

En conférence de presse vendredi, le maire des Îles Jonathan Lapierre, le directeur de production de l’usine Fruits de mer Madeleine, Pascal Harvie, la PDG de LA Renaissance des Îles, Lynn Albert, le directeur général de la CTMA, Emmanuel Aucoin, et le président du Regroupement des utilisateurs du port de Cap-aux-Meules (RUPCAM), Jocelyn Thériault, n’ont pas retenu leurs coups.

La nouvelle coalition locale demande tout d’abord à Transports Canada de produire la fameuse analyse détaillée qui a conduit à sa décision de condamner plus de 40% des espaces d’amarrage ainsi que les installations des usines pour les opérations de débarquements de crabe des neiges.

Près de la moitié des espaces d’amarrage du quai des pêcheurs à Cap-aux-Meules a été condamnée par Transports Canada

Emmanuel Aucoin a mentionné que pour l’instant, Transports Canada refuse de produire le rapport étant donné son statut préliminaire.

Pour les Madelinots, il est incompréhensible que le ministère provoque une panique à la veille de l’ouverture de la saison de pêche sur la base d’un rapport qu’il considère lui-même comme incomplet, sans compter l’incohérence d’acquérir un nouveau traversier tout en négligeant l’entretien des infrastructures portuaires:

Pour sa part, le maire Lapierre martèle qu’il ne s’agit pas de compenser les pertes financières qu’un engorgement chaotique des bateaux de pêche dans le port pourrait engendrer, faute d’accès et d’espace, parce que cela reviendrait à ouvrir une possibilité « d’acheter le milieu ».

Il exige que Transports Canada s’engage à investir pour le moyen et le long terme et à respecter sa planification d’investissements à l’intérieur d’un Plan directeur mis à jour et ce, le plus rapidement possible.

Le Plan directeur actuel est vieux de 17 ans et selon les représentants des Îles, Transports Canada n’a pas investi à la hauteur des attentes, soulignant que les travaux de 2015 qualifiés de majeurs par le ministère, ne « devaient pas l’être tant que ça si 6 ans plus tard il doit fermer le quai à la circulation. »

De son côté, la PDG de l’usine LA Renaissance, Lynn Albert, qualifie de « sauvage » la façon d’agir du ministère fédéral dans le dossier, les utilisateurs devant payer des droits d’accès à Transports Canada pour se faire évincer en urgence à la veille de la saison de pêche, sans plan de transition:

Le bâtiment de LA Renaissance des Îles se trouve aussi à l’intérieur d’une zone condamnée

À son tour, le directeur de production de l’usine Fruits de mer Madeleine, Pascal Harvie, partage l’exaspération des autres Madelinots réunis, en soulignant que les solutions de rechange sont limitées et qu’elles pourraient même empirer la situation.

Par exemple, avec la condamnation de près de la moitié des emplacements d’amarrage et en s’attachant à l’épaule pour y pallier, les navires pourraient surcharger les autres bornes accessibles et finir de les détériorer.

Ce à quoi le directeur de la CTMA, Emmanuel Aucoin, ajoutait en conférence de presse que concernant l’état du quai jugé précaire par Transports Canada, si le pire qui devait arriver était d’arracher des bornes, les risques pour les utilisateurs seraient encore nettement moins importants comparativement à la création d’embouteillages de bateaux de plus de 70 pieds de long.

Le président du RUPCAM, Jocelyn Thériault

Le président du RUPCAM, Jocelyn Thériault, appuyé par d’autres membres de la coalition locale, réitère que les utilisateurs ne pourront pas respecter les interdictions d’amarrage et affirme que plusieurs braveraient l’interdit de Transports Canada.

Les Madelinots ont mentionné avoir la pleine collaboration de la députée et ministre fédérale Diane Lebouthillier, qui a convoqué la presse vendredi après-midi en lien avec le dossier.

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